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Architecture | ACDF Architecture

ACDF Architecture - Vivre 2 - réinventer sans effacer Montréal, Canada

2026-05-06        
   

Dans un contexte urbain en transformation, la reconversion d’un ancien secteur industriel en quartier résidentiel représente l’un des défis les plus sensibles pour les architectes. Trop souvent, les nouveaux bâtiments effacent les traces du passé au lieu d’en tirer parti. Vivre 2 propose une tout autre approche : un projet exemplaire qui démontre comment l’intégration de l’habitat dans un tissu post-industriel peut non seulement préserver le génie du lieu, mais le révéler avec force et cohérence.

Situé dans le secteur Atlantic de l’arrondissement Outremont, à l’arrière du nouveau campus de l’Université de Montréal, ce projet résidentiel s’élève sur une parcelle longtemps enclavée, autrefois vouée à des usages industriels. Grâce à la création de la rue Thérèse Lavoie-Roux, ce secteur s’ouvre désormais à la ville et à de nouveaux usages. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet Vivre 2, conçu par ACDF Architecture, en continuité avec Vivre 1, réalisé à proximité.

Loin de reproduire un modèle résidentiel standard, Vivre 2 s’inspire du caractère industriel du site, de sa matérialité, de ses gabarits et de ses typologies pour produire une architecture à la fois puissante, articulée et enracinée dans son contexte.

« La reconversion d’un secteur comme celui-là ne doit pas être une page blanche, mais un dialogue entre l’avant et l’après. Notre rôle est d’écouter ce que le site a à dire, puis de bâtir avec cette mémoire », affirme Maxime Frappier, architecte principal du projet.

Une trame industrielle réinterprétée

La volumétrie imposante et assumée du bâtiment évoque celle des anciens entrepôts qui peuplaient jadis le secteur. Elle est néanmoins animée par un travail subtil de fragmentation, qui confère à l’ensemble une dynamique proprement contemporaine. Une faille oblique, marquée par des garde-corps en verre, gravit l’une des façades principales depuis le rez-de-chaussée — où se trouvent le hall et un local commercial — jusqu’aux derniers étages. Ce geste, à la fois délicat et structurant, fragmente sans effacer l’unité monolithique de l’ensemble. « Nous avons voulu injecter de l’air dans la masse, comme une respiration architecturale qui structure sans alourdir », explique Frappier.

Le traitement des matériaux s’inscrit lui aussi dans une volonté de continuité et de réinterprétation. Deux teintes de briques d’argile ont été utilisées : la première souligne la trame structurante du bâtiment, en écho aux anciennes structures de béton ou de brique ; la seconde agit comme matériau de remplissage. Ce jeu de contrastes évoque les façades industrielles classiques tout en offrant une lecture résolument actuelle. Les façades sur rue traduisent la volonté des architectes de proposer une réponse en parfaite cohérence avec le caractère industriel du site : matérialité sobre, trame affirmée, volumétrie assumée. À l’inverse, la façade donnant sur la ruelle, plus ouverte et dynamique, exprime une intention différente : amorcer une réappropriation douce de ces espaces délaissés, en les transformant en lieux de vie partagés, plus perméables et plus humains.

Réhabiliter la ruelle comme espace de vie

Cette volonté de réactivation de la ruelle s’exprime aussi dans la programmation. Plutôt que de reléguer les espaces communs en toiture, sous forme de chalet urbain, ACDF a choisi de les positionner au rez-de-chaussée, sur la ruelle. Cette décision renforce la vie collective et la sécurité des lieux tout en animant l’espace public. Elle prolonge la logique engagée avec Vivre 1, et propose un modèle d’habitat urbain plus participatif, connecté à son environnement immédiat. « Dans un secteur qui a perdu sa vocation industrielle, les ruelles deviennent des lieux d’occasions. Ce sont des espaces en devenir qui méritent qu’on y injecte de la vie, pas seulement du service », soutient Maxime Frappier.

Vivre 2 démontre de manière remarquable comment intégrer un logement dans un quartier urbain à forte identité, en combinant rénovation et densification, tout en préservant l’histoire et la qualité architecturale. Par son implantation, sa matérialité, son expression et son rapport au sol, il constitue un modèle cohérent pour repenser la transformation de nos milieux urbains avec intelligence, justesse et sensibilité.

À propos d’ACDF Architecture

Avec un portfolio ambitieux de projets commerciaux, résidentiels, hôteliers, d’aménagement intérieur et de planification, ACDF est reconnue comme l’une des firmes d’architecture les plus avant-gardistes du Canada. Sous la direction de Maxime-Alexis Frappier, Joan Renaud et Etienne Laplante Courchesne, la firme a reçu de nombreux prix et accolades pour son approche progressive d’une nouvelle génération de bâtiments significatifs et pertinents.

ACDF s’appuie sur le pragmatisme et la créativité, embrassant la conviction que chaque bâtiment doit être au service de ses habitants et des passants. Au-delà des gestes grandioses et des architectures iconiques, l’entreprise estime que les bâtiments doivent constituer une expérience imprégnée d’une architecture sensible et accessible qui touche et profite à tous ceux qui entrent en contact avec eux. Ce processus commence par des solutions pratiques et des conceptions créatives qui favorisent une architecture cohérente, en veillant à ce qu’un sens et une mission sous-tendent chaque projet.

Basée à Montréal, au Québec, ACDF s’inspire de l’habitabilité et de la vitalité de sa ville, et qui se situe à cheval entre l’Europe et l’Amérique du Nord, entre l’historique et le moderne. Motivé par les défis et les contraintes, ACDF explore et évalue les limites de chaque projet afin d’y injecter des idées nouvelles et des solutions novatrices qui dépassent les attentes et l’imagination.

Photo credit: Adrien Williams

 

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